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Hausse des prix des denrées : 19 mesures annoncées

Pour faire face à la hausse des prix des denrées de base au Sénégal, le Ministre du Commerce a annoncé le 1er novembre une batterie de 19 mesures. Selon l’économiste Moubarak Lô, ces mesures ne sont pas convaincantes et apparaissent comme une réponse plus "conjoncturelle" que "structurelle".

Pour lutter contre la hausse des prix des denrées de première nécessité, dix-neuf mesures ont été annoncées le 1er novembre 2007 par le ministre du Commerce Habibou Ndiaye. Ces mesures concernent, entre autres, la reconduction de certaines mesures conjoncturelles arrêtées le 17 juillet 2007. Celles-ci sont liées au prix du gaz et du ciment, le au maintien et/ou à la consolidation de mesures structurelles avec un effort supplémentaire sur la fiscalité qui a été consolidé pour le riz, le lait. Il s’y ajoute une dotation budgétaire assez substantielle consentie pour le ministère pour l’installation de magasins de référence, de centrales d’achat et de boulangeries dans les quartiers, mais aussi pour qu’elle communique davantage avec l’opinion publique sur les mesures arrêtées par le gouvernement.

Selon l’économiste Moubarak Lô, ces mesures ne sont pas convaincantes : ‘La meilleure politique structurelle de lutte contre l’inflation au Sénégal consisterait à restaurer le rôle du marché dans l’économie, à favoriser la concurrence entre les acteurs, à mettre en place une politique de régulation moderne (tournée non pas vers le contrôle administratif répressif, mais vers l’information exacte sur les conditions de marché et la surveillance intelligente des pratiques) et à former ses cadres pour les adapter à ces nouveaux paradigmes économiques’, indique M. Lô. L’économiste poursuit que : ‘Dans le même temps, l’Etat doit, non pas s’évertuer à suspendre des taxes sur des produits importés (ce qui est visiblement coûteux, inefficace et intenable sur la durée), mais encourager et soutenir le développement des produits locaux de substitution aux biens alimentaires importés’.

Pour le cas de l’huile, par exemple, l’économiste souligne que le Sénégal a tout intérêt à promouvoir le raffinage sur place de l’huile d’arachide, plutôt que d’exporter cette huile sous forme brute en important d’autres huiles végétales. ‘Une telle option stratégique aurait le double avantage de relancer la production d’arachide dans le pays, ce qui contribue à créer des richesses et à lutter contre la pauvreté dans le monde rural, et à réduire les sorties de devises et les pertes de pouvoir d’achat.’

Source : Walfadjiri du 5 novembre 2007

7 novembre 2007

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