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La famine menace dans le monde rural : Un déficit estimé à 1,3 million de tonnes de céréales

Cette année plus que par le passé, la mauvaise campagne agricole s’est traduite, pour le monde rural, par un grave déficit vivrier. Un gap estimé à 1,3 million de tonnes de céréales. De quoi inquiéter les pouvoirs publics qui, pourtant, avaient été précocement alertés.

En marge de l’atelier de restitution des travaux du groupe de la loi agro-sylvo-pastorale (Loasp) animé par l’Agence nationale de conseil agricole et rural, le secrétaire général du Conseil national de concertation des ruraux (Cncr) a dressé un tableau sombre de la situation alimentaire du pays. Pour Baba Ngom, cette année plus que par le passé, la mauvaise campagne agricole s’est traduite, pour le monde rural, par un grave déficit vivrier. Un gap estimé à 1,3 million de tonnes de céréales. De quoi inquiéter les pouvoirs publics qui, pourtant, avaient été précocement alertés. Parce que, avançaient certains spécialistes, le déficit pluviométrique, la mauvaise qualité des semences distribuées, le défaut d’intrants, l’arrêt prématuré des pluies étaient autant de signes d’un déficit vivrier inévitable. Et au lieu de s’y pencher, les autorités ont brillé par leur mutisme et leur manque de réaction.

Dans son argumentaire, M. Ngom révèle que les besoins du Sénégal, avec ses onze millions d’habitants, sont de l’ordre 2,1 millions de tonnes alors que la production de cette année n’a guère dépassé les 800 mille tonnes. Un niveau de production qui ne peut satisfaire le pays que pendant cinq mois au plus. Pire, ce déficit vivrier du monde rural est d’autant plus préoccupant qu’il vient se greffer à une perte de revenus monétaires pour les paysans estimés à plus de 55 milliards de francs Cfa après une campagne de commercialisation de l’arachide qui n’a permis de collecter qu’environ 30 mille tonnes dans le circuit officiel. D’où l’urgence pour les pouvoirs publics de venir en aide aux populations rurales. Un monde rural dans lequel beaucoup de familles n’arrivent plus à assurer les repas quotidiens.
‘Seul le soutien de l’Etat nous permettra d’éviter une situation de famine’, avaient averti, en chœur, les ruraux du pays qui n’hésitent pas, face à cette crise, de recourir à l’exode rural à la recherche d’un mieux-être. Et c’est dans ce sens que le ministre d’Etat, en charge de l’Economie et des Finances, avait déclaré que l’Etat va dégager les moyens et en relation avec les services du Développement social, de la Famille, voir comment réaliser un soutien ponctuel à ces populations.
A l’époque, Abdoulaye Diop avait révélé que le gouvernement a déjà saisi les différents gouverneurs, préfets et sous-préfets, pour avoir une estimation du déficit pluviométrique, du déficit vivrier et ‘en conséquence pouvoir réagir fort’.

Source : walf du 28 mars 2008

16 avril 2008

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