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TOUR DE TABLE, Moustapha TALL : « Rien ne garantit que le prix du riz va baisser »

C’est dans son bureau cossu de la rue Fleurus qu’il a reçu Le Quotidien. Moustapha Tall, connu pour sa longue présence dans le marché du riz au Sénégal, a fait le point sur cette denrée très recherchée par les temps qui courent. Il assure avoir attiré l’attention du chef de l’Etat en 2003 sur la situation actuelle. Mais aujourd’hui, Moustapha Tall a surtout un autre combat. Il veut rentrer dans ses fonds qu’il estime avoir perdu « injustement » du fait de la Douane sénégalaise. Ce « baron » du riz qui ne contrôle plus que 25% du marché sénégalais, alors qu’il était à 36%, analyse l’évolution du marché.
L’actualité aujourd’hui, c’est la situation du riz, qui est devenu une denrée trop prisée au Sénégal et dans le monde. Quel est l’état des lieux ?
C’est une situation mondiale, parce qu’il y a une réduction drastique de surfaces cultivables en matière de riz au profit des biocarburants. Mais aussi, il y a une augmentation de la demande au niveau des pays africains et au niveau mondial. Alors, avec une demande qui augmente et une offre qui se réduit de plus en plus, vous devinez aisément les raisons de cette tension. Il faut dire également que les pays qui exportaient cette denrée, ont maintenant tendance à produire pour leur propre consommation et ensuite, mettre sur le marché leur excédent à un prix trop élevé. C’est eux qui trouvent un intérêt à ce qu’il y ait pénurie. Ils ne se soucient pas des autres. Mais ils devaient, par humanisme, œuvrer pour que le prix du riz ne baisse pas jusqu’à un certain niveau, mais aussi qu’il n’augmente pas jusqu’à un certain niveau. Pour permettre au moins, aux pays qui n’ont pas les moyens de produire suffisamment, de pouvoir s’approvisionner. Malheureusement, aujourd’hui, ce n’est pas le cas.
Mais aussi, il faut reconnaître que les spéculateurs jouent un rôle pas très commode dans cette situation…
C’est vrai qu’en l’état actuel, le prix ne fait que monter à cause des spéculateurs, il faut le dire. Et ces spéculations sont favorisées par les pays exportateurs. Parce que ce sont les gouvernements même qui encouragent cette spéculation. C’est pourquoi, je pense qu’il est temps que les pays africains prennent leur destin en main et essayent de produire suffisamment pour faire face à ce genre de situation.
Au niveau national, des importateurs de riz comme Bocar Samba Dièye, soutiennent que le prix du riz ne peut pas augmenter…
(Il coupe). Ils ne doivent pas dire cela. Personne ne peut dire, dans un contexte pareil, où va nous mener cette situation. Personne ne peut le dire. Aujourd’hui, il y a un stock de sécurité au Sénégal, de moins de trois mois et le kilo est vendu à un prix X, on ne peut pas le vendre en deçà de ce prix. Maintenant, comme le pouvoir d’achat des Sénégalais est très limité, l’Etat avait d’abord suspendu les droits de taxe ou droits d’entrée, qui faisaient 10%. Ce qui représente à peu près 25 francs par kilo, donc 25 000 francs par tonne. L’Etat a dit qu’il ne veut pas que le prix du riz augmente, il nous a demandé de lui donner la différence pour qu’il puisse le subventionner. Maintenant, c’est depuis le 12 avril dernier que l’Etat a pris la décision de prendre la différence pour subventionner.
A combien exactement, évaluez vous cette subvention de l’Etat sur le riz ?
Ça représente d’après nos calculs, près de 2 milliards Cfa par mois. Maintenant si l’Etat peut supporter, tant mieux. Mais je vous rappelle qu’il nous reste à peu près un stock de 4 mois, c’est-à-dire 200 000 tonnes. Ce qui fera 8 milliards de francs Cfa. Et rien ne garantit qu’après ces trois mois, le prix va baisser, au contraire, je suis très pessimiste par rapport à ça. Parce que la tendance est toujours à la hausse. Et l’Etat, ce qu’il peut faire au mieux, c’est de maintenir le prix actuel du riz. C’est-à-dire, pour le non parfumé, maintenir le prix en gros à 250 francs et à 270 au détail. Pour le parfumé, 255 en gros et 275 au détail. Pour le parfumé de luxe, 260 en gros et 280 en détail.
Mais au lieu de compter sur l’Etat pour régler le problème, vous, en tant qu’importateur, que pouvez-vous faire pour venir en aide vos compatriotes ?
Vous savez, lors d’une audience que le chef de l’Etat m’avait accordée en 2003, je lui avais expliqué ce qui se passe aujourd’hui. J’avais attiré son attention sur ce que nous courons comme risque en laissant le marché comme ça. Il m’avait dit qu’il allait organiser un Conseil présidentiel sur ça. Jusqu’à présent, à ma connaissance, ce conseil n’a pas eu lieu. Le temps m’a donné raison. Aujourd’hui, on est en train de nous lamenter sur notre sort.
Maintenant, qu’est-ce que vous proposez au gouvernement pour sortir de cette dépendance ?
Je propose qu’on continue cette subvention, jusqu’à l’épuisement du stock de trois mois. Entre-temps, il faut penser à combler ce stock, ne serait-ce que jusqu’à la fin de l’année. En plus, il faut que l’Etat essaie de voir avec les pays exportateurs de riz comme la Thaïlande, avec qui nous avons des relations excellentes, les possibilités d’adoucir le prix. Si ces gouvernements peuvent nous aider aussi à trouver des quantités intéressantes sans passer par les demandeurs, ce serait mieux. Au niveau local aussi, à mon avis, pour pérenniser l’activité, il faut un minimum d’organisation dans le secteur des importateurs. Qu’on les identifie, qu’on sache qu’ils sont là depuis combien d’années, et quelles sont leurs capacités de stockage aussi.
Comment êtes-vous donc devenu importateur de riz ?
Moi, je suis natif de Kaolack, j’ai fait mes études primaires à Kaolack à l’école Kasaville. Je suis aîné de mon père et homonyme du frère de mon père. C’est ce même frère de mon père qui m’a mis à l’école en 1962 et m’y a fait sortir 10 ans après. Comme il était déjà commerçant, il avait un problème de gérance de son magasin. Parce que le gérant habituel avait voyagé. Le gars était parti sans avertir. Le lendemain, le vieux me dit de prendre les clefs du magasin et d’aller l’ouvrir. C’est comme ça que je suis entré dans le commerce. Donc, je crois que c’est le commerce qui m’a choisi. Quand j’ai ouvert le magasin, la première chose que j’ai fait, c’est l’état des lieux. De ma propre initiative, je l’ai fait pour y voir plus clair. C’est après que le vieux m’a demandé de faire l’inventaire et de terminer le travail. C’est comme ça que je suis resté au magasin avec le vieux. Et personne ne m’a formé. Je me suis formé moi-même avec l’aide quand même de mon directeur d’école à l’époque, qui trouvait que j’étais très brillant. Il a voulu m’apporter son soutien. Je me rappelle à l’époque, j’étais dans la même école que la génération de Mamadou Lamine Loum. Vous voyez que l’école de l’époque et l’école d’aujourd’hui, il y une grande différence du point de vue comportement, discipline, éducation… C’est au bout de 10 ans que j’ai quitté le magasin du frère de mon père, avec le sentiment du devoir accompli. Parce que c’est dans la plus grande transparence que j’ai travaillé avec lui, en faisant l’inventaire chaque année. Bien que c’était mon père, j’avais un salaire fixe avec lui. Je travaillais, j’avais tout l’argent à ma disposition, mais je n’y touchais pas. Je gérais d’une manière telle que le vieux s’en sortait à chaque fois, et je n’ai jamais accepté ses faveurs.
Après l’avoir quitté, qu’avez-vous fait ?
Je suis venu à Dakar. Et en venant ici, je n’avais pas un centime avec moi. Le vieux que j’avais quitté pour tenter ma chance à Dakar ne m’avait pas donné un rond. Et quand je suis venu à Dakar, je suis tombé sur une situation de pénurie de sucre. Parce qu’on avait donné le monopole du sucre à Jean Claude Mimran et il ne pouvait pas produire suffisamment. Il ravitaillait les commerçants par programmation et je suis entré dans ce créneau, en travaillant par procuration. De fil en anguille, j’ai réussi à me faire des bénéfices en glanant 200 à 300 000 francs par semaine. Et en trois ans, je me suis tapé un petit capital, qui m’a permis d’ouvrir mon propre magasin ici à Dakar, à la rue Fleurus en 1983. Je suis venu ici en 1980. Et par la grâce de Dieu, je suis là où je suis aujourd’hui. Il faut dire aussi que la libéralisation de 1989 m’a permis de me lancer dans l’importation du riz entier et du riz intermédiaire. En 1995, on a libéralisé entièrement la filière et là, comme j’avais déjà de très bonnes relations avec ma banque, j’ai sauté sur l’occasion.
Vous avez nommé Jean Claude Mimran, quels étaient vos rapports à l’époque ?
Bon ! (hésitation). J’avais des rapports de commerçant avec lui. Mais il faut dire que le Sénégal lui a donné ce secteur pendant trente ans qu’il gérait sans partage. Il avait le monopole du sucre et faisait ce qu’il voulait. Après que l’Etat a libéralisé le secteur, ce qui nous permettait d’aller chercher le sucre à l’étranger, il commençait à nous traiter de tous les noms d’oiseaux. Il n’a jamais digéré le fait que nous puissions importer du sucre.
Mais on dirait que c’est de là que sont parties vos démêlés avec la Justice….
Oui. Parce que le système de dédouanement en vigueur nous tue. Admettons que tu achètes la tonne du sucre à 170 000 francs Cfa en Europe. Tu arrives au Sénégal, la Douane te dit que la valeur du dédouanement est de 325 000 francs, sur lesquels, tu payes la taxe de 43%. Et après, la douane te demande de payer une péréquation. Et c’est Mimran même qui fixait ce montant qu’il envoyait à la douane, alors que c’est le douanier qui est censé calculer cette péréquation-là, avec l’importateur et le transitaire. Tel n’était pas le cas. C’est Mimran qui décidait de tout cela. Ce n’était pas normal.
C’était pour cette raison que vous n’aviez pas voulu payer les taxes ?
Attendez (répétion). Les douaniers ne pouvaient pas dire que moi, j’importais du sucre sans payer les taxes. On a toujours payé les droits de douane, mais c’est sur la péréquation qu’il y a différence. La péréquation c’est quoi ? C’est protéger la Compagnie sucrière sénégalaise (Css), pour qu’elle ne soit pas agressée par le sucre européen, qui coûte moins cher et qui est de bonne qualité. C’est pour ça que la douane a mis ce système pour le protéger.
Mais qu’est-ce qui s’est passé réellement pour que vous soyez condamné ?
Mais c’est cette péréquation dont je vous ai parlé, qui était la source de tous mes problèmes. Comment est-ce qu’on peut contrôler une péréquation qui se calcule manuellement sur la base des estimations souvent fallacieuses ? On te présente juste une facture que tu dois payer et tu n’as pas le droit de broncher. C’est quoi ça ? Sans même demander à l’importateur son dossier d’importation. Quand ils sont venus me voir, ils m’ont demandé de leur montrer le contrat, qui est juste un préalable. Et ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’une fois l’opération payée, le contrat devient caduc. Ils m’ont demandé de leur donner le numéro du contrat, qui n’avait plus aucune utilité. Je leur ai fait remarquer que ce qu’ils devraient me demander, c’est une déclaration pour vérifier si je suis en règle ou pas et la liquidation et même la péréquation qu’on a déjà payée. Et ce qu’il faut préciser à ce niveau, c’est que cette péréquation là, une fois que ça dépasse les 45 jours, tu n’es plus dans la fourchette. Maintenant, c’est eux qui vont prendre la valeur qui les arrange, la plus favorable pour eux, et la plus contraignante pour toi. En fait, toutes les procédures normales ont été bafouées par la Douane. Ils se sont renfermés dans leur bureau pendant deux mois, ils ont fait leur propre calcul et ensuite, ils m’ont envoyé deux douaniers qui sont venus me demander les numéros du contrat. Ce que je n’ai pas pu faire. Ils m’ont convoqué. Ensuite, aux enquêtes douanières, ils m’ont montré sept procès-verbaux qu’ils m’ont demandés de signer. Ce que j’avais refusé de faire.
Pourquoi ?
Parce que simplement les choses étaient très louches. Ce qui m’a fait surtout tiquer à l’époque, c’est qu’ils m’ont dit : « Le dossier est terminé, les autorités n’attendent que nous, maintenant, il nous faut juste votre signature. » Vous croyez que c’est du sérieux ça ?
De quoi étiez-vous accusé exactement ?
Ils me disent qu’il y a un différentiel de péréquation. Entre celui que je devrais payer et celui que j’ai payé, il y a une différence. C’était un montant de 650 millions. Comment peut-on avoir une différence de péréquation sur du sucre ? Le sucre ce n’est pas le riz. On n’importe pas 10 000 tonnes de sucre. On importe 500, voire 2 000, le maximum, c’est 3 000 tonnes de sucre. Sur ce, comment est-ce qu’on peut avoir un différentiel de 650 millions ?
Donc, c’est comme ça vous avez atterri en prison ?
Oui, parce que j’ai refusé de signer. C’est après que la Justice a mis la main sur moi.
Et qu’en est-il du milliard dont on vous entend réclamer à l’Etat ?
A l’époque, j’avais payé à la Douane 1 milliard de francs pour recouvrer ma liberté.
Si vous estimiez que ce n’est pas normal que vous payez à la Douane, pourquoi avez-vous fini par donner un milliard alors ?
J’ai fini par céder parce que je me disais aussi que ces gens avaient l’intention de me nuire. Il fallait que je sorte de là et que je reprenne mes activités le plus rapidement possible. Je leur ai dit aussi que : « Je vous donne cet argent, mais c’est juste pour quelque temps, parce qu’il y aura une suite à cette affaire. »
Mais pourquoi cette somme a atteint un milliard, n’est-ce pas que c’était juste la péréquation qui a été évaluée à 650 millions…
(Il coupe). Oui, 650 millions pour la péréquation et 350 millions d’amende. Mais au total, c’est 1 milliard 9 millions de francs. Ces gens voulaient ma mort. C’est tout. Vous savez, cette période noire de ma vie m’a beaucoup coûté en termes d’argent.
Ah bon ! Combien estimez-vous avoir perdu durant cette période ?
Pendant mon emprisonnement, j’ai subi un vrai pillage. Des employés ont fui avec mon argent, des clients aussi. Le préjudice est incalculable, j’estime avoir perdu plus de trois milliards de francs Cfa avec cet emprisonnement injuste. Mais aujourd’hui, grâce à Dieu, je résiste encore. Parce que moi, j’ai commencé par 0 franc. Même si aujourd’hui je me retrouve avec 0 franc, je vais rendre grâce à Dieu. Je ne me plains pas, bien que cela m’ait affecté financièrement. Je suis en train de renaître petit à petit et je vais continuer à me battre pour revenir à mon meilleur niveau. N’oubliez pas que même si c’est 1 franc qui a été extorqué à quelqu’un, cela lui fera mal. Et puis, moi je perds tout le temps dans mes activités, c’est tout à fait normal. Cet argent que j’ai remis à la Douane, je pouvais le donner gracieusement à l’Etat, mais c’est la manière qui me fait mal.
Pourquoi avoir attendu tout ce temps pour réagir ?
C’est vrai qu’après avoir subi une injustice, j’attendais que le chef de l’Etat réagisse à ce sujet. Comme c’est un homme de Droit, j’ai même envoyé plusieurs émissaires pour qu’il rouvre ce dossier. Et il va se rendre compte que j’ai été victime d’une injustice et grugé par la Douane. Je suis sûr et certain qu’on l’a mal informé sur cette affaire. J’ai tout fait pour le rencontrer, je lui ai même adressé une correspondance en vain. Aujourd’hui, je suis prêt pour qu’on rouvre le dossier. Je voudrai savoir ce dont exactement on m’a accusé. Vous verrez que ça ne tient pas la route. D’ailleurs, c’est pourquoi j’avais refusé de signer les procès-verbaux. Je suis sûr et certain que je détiens la vérité dans cette affaire.
Pourquoi ne portez-vous pas plainte contre la Douane ?
Mais, la Douane, c’est l’Etat. Et la douane, elle a un code draconien qui date de très longtemps et n’a pas été révisé. Si vous avez une infraction qui porte sur 2 millions 500 mille, le juge a les mains liées. Si vous vous présentez devant lui, soit vous payez en allant transiger, trouver une solution transactionnelle avec la Douane, soit vous allez en prison. Alors, ce code, il est à revoir pour au moins sécuriser les opérateurs. Si les opérateurs économiques engagent des fonds, investissent pour essayer d’être performants, alors qu’il y a un code qui est là comme une épée de Damoclès au-dessus de leur tête, c’est grave. Je vous dis, deux agents de douane peuvent faire un procès-verbal contre un opérateur et l’envoyer au tribunal. Et le juge, s’il est de connivence avec ces gens, s’il n’est pas bien informé, ou bien s’il ne prend pas son courage à deux mains, il l’envoie en prison. Les opérateurs de ce pays ne sont pas non plus protégés à cause de ce code. Et il faut rappeler que ce code date d’avant les indépendances.
Qu’est-ce que vous prônez exactement ?
Qu’on revoie le code. N’est-ce pas que l’on a revu le code électoral ? La Douane, elle n’est pas exceptionnelle. Qu’est-ce qu’elle représente vis-à-vis des opérateurs économiques ?
Ce sont les soldats de notre économie quand même….
Ecoutez, s’ils sont les soldats de l’économie, nous, nous sommes les gendarmes de l’économie. Ce que nous faisons, ils ne font pas la moitié. Un opérateur économique qui investit des milliards et fait travailler des milliers de personnes, on le considère comme un va-nu-pieds. C’est inadmissible !
Même si vous dites que vous souffrez de ce milliard que la Douane vous a pris, vous semblez toujours contrôler le marché du riz au Sénégal, vous devez avoir un secret…
(Rires). Comme je vous l’ai dit, moi, je me suis formé seul. C’est pour cette raison que je déteste la médiocrité. J’ai horreur du travail mal fait. Déjà en bas âge, je n’ai jamais voulu qu’on me réprime. J’ai été très rigoureux sur ma personne d’abord, avant de l’être avec mes employés. Il faut dire aussi, que moi, je ne confonds jamais ma poche avec la caisse de l’entreprise. C’est l’établissement Moustapha Tall qui paie Moustapha Tall et je me limite à mon salaire, c’est ça qui, à mon avis, fait ma force.

Source : Le Quotidien du 23 avril 2008

23 avril 2008

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